Après une enfance en Belgique et un parcours scolaire avec un intérêt déjà marqué par les sciences humaines, la littérature et la philosophie, Catherine Laloux se tourne vers des études de médecine puis vers une pratique de pédopsychiatre avant une reconversion professionnelle vers la médecine scolaire en 2022, un métier qu’elle exerce en Bretagne actuellement.
Grande lectrice depuis l’enfance, elle commence à écrire des textes poétiques à l’adolescence, avant d’être absorbée, pendant ses études, par des lectures plus professionnelles, puis par l’écriture d’un article scientifique, qui lui demandera sept années de travail. Pendant longtemps, elle rêve également d’écrire un roman autobiographique autour de la relation médecin-patient.
« Récemment je me suis souvenue que j’avais obtenu le prix de français, quand j’ai passé l’équivalent belge du bac. Mon travail portait sur un livre de Kundera, et déjà je parlais beaucoup des associations avec la couleur bleue. »
Lorsque l’amie d’enfance de Catherine se donne la mort, celle-ci se tourne instinctivement vers la poésie.
« Une nuit d’insomnie, j’ai ouvert un livre qu’elle m’avait offert quelques heures avant sa mort, Là où chantent les écrevisses, de Delia Ovens. Ce livre a fait surgir certaines choses et j’ai eu besoin de poser des mots pour affronter son départ et rassembler des souvenirs. Ensuite, j’ai continué à écrire. Les mots jaillissaient, souvent pendant mes longues promenades dans la nature avec mon chien ou quand j’étais en voiture, particulièrement pour les textes sur les Monts d’Arrée. J’avais toujours mon téléphone et j’enregistrais mes textes par la voix ou dans le bloc-notes. Ensuite, je prenais le temps de les réarranger, selon les sonorités et j’y prenais beaucoup de plaisir.
Au bout de 18 mois, j’ai eu envie de les regrouper et d’en faire quelque chose. J’ai contacté Francine. »
C’est donc début 2024 que Catherine me contacte pour la première fois. Je suis immédiatement séduite par la douceur et la justesse de ses textes, ainsi que par leur puissance poétique. Une manière à la fois douce et légère de traiter le sujet du deuil, malgré la douleur de l’absence, que rien ne peut effacer.
Nous convenons de travailler ensemble, puis Catherine décide de consacrer une semaine entière au tri et à la relecture de ses textes, avant de revenir vers moi. Quand nous nous recontactons, un fil narratif, reprenant son processus de deuil, se dégage de ses textes et nous avançons en ce sens. Des textes qui sonnent comme une évidence et qui pour la plupart ne seront que très peu retouchés, à mon sens.
« J’avais besoin d’un accompagnement pour poser un acte et avoir un regard extérieur. Je suis très contente de la manière dont cela s’est déroulé, du regard porté par Francine. Son accompagnement m’a permis de trouver de la cohérence dans le texte, de la confiance dans l’écriture. Ses conseils étaient toujours justes, notre communication tellement fluide et agréable. Je voulais que ces textes soient publiés, parce que je pense qu’ils peuvent aider d’autres personnes à affronter un deuil, quel que soit les circonstances du décès. »
Une fois le recueil finalisé, Catherine émet le souhait d’essayer de trouver un éditeur et nous préparons ensemble un document de présentation et une lettre d’accompagnement. Etant donné le thème, c’est elle qui se lance dans cette démarche, qui après plusieurs fausses bonnes nouvelles, sera finalement couronnée de succès, puisque la maison d’éditions belge Academia retiendra le manuscrit pour sa collection « Epitaphe », dédiée au deuil.

« Quelques semaines avant la finalisation du recueil, j’ai eu envie de demander à Gwen Guégan, une dessinatrice dont j’admire le travail, de réaliser des illustrations. Ce qu’elle a accepté, malgré des délais très resserrés. » (https://www.gwenguegan.com/)
Cerise sur le gâteau donc pour ce très joli recueil de poésie, Bleu comme, sorti le 7 mai 2026, aux éditions Academia
https://www.editions-academia.be/livre-bleu_comme_catherine_laloux-9782806140425-223933.html

